Le patineur de vitesse canadien Arne Dankers a visité le Rwanda pour l'organisme Right to Play

Par Jolanda Abbes, Traduction de Jean-Michel Lachance - Après une bonne saison qui a pu le surprendre lui-même plus que quiquonque, le médaillé d'argent de Turin Arne Dankers a visité le Rwanda au début mai en tant qu'ambassadeur pour l'organisme Right to Play. De retour chez lui après cette expérience, Dankers nous parle de son séjour là-bas ainsi que des qualités de danseur qu'il a développées en Afrique.

Arne Dankers fait le point sur une bonne saison de patinage de vitesse. Après de nombreux top 10 aux coupes du monde d'automne et plusieurs courses très satisfaisantes aux Championnats canadiens par distances individuelles en décembre, il a été en mesure de compléter cette saison avec une quatrième position au 5000m et au 10 000m en plus d'une médaille d'argent à la poursuite par équipe au Championnat du monde par distances individuelles. À la fin de la saison, il a voyagé au Rwanda pour réaliser le travail de l'organisme Right to Play en plus de participer à des activités et des jeux avec les enfants des écoles et orphelinats.

Dankers était également accompagné d'une compatriote patineuse et double médaillée olympique Kristina Groves. Hayley Wickenheiser (double médaillée d'or olympique en hockey) et Jennifer Heil (médaillée d'or olympiqe en bosses) étaient également du voyage. Ensemble, ces 4 athlètes ont effectué pas moins de 100 000 km. Ils mettent maintenant les Canadiens et compagnies canadiennes au défi, dans le cadre du "Défi Rwanda", une campagne nationale de levée de fonds, d'ammasser 1$ pour chaque km parcouru, afin de venir en aide aux enfants du programme Right to Play au Rwanda et dans 21 autres pays d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient. La campagne durera un total de 100 jours et se terminera fin juillet.

Selon Mark Brender, Directeur de Right To Play Canada, la mission de l'organisme est "d'améliorer la vie des enfants dans les endroits les plus défavorisés du monde en utilisant la puissance du sport et des jeux afin de promouvoir le développement, la santé et la paix." En sachant cela, il est facile de voir que l'organisme Right To Play peut faire une très grande différence pour les jeunes du Rwanda. Suite au génocide en 1994, le pays est maintenant en reconstruction et se bute à plusieurs obstacles en ce faisant. Brender explique comment Right To Play peut aider: "La connaissance, l'attitude et la pratique des Rwandais entourant le virus du sida et des MTS mettent les adolescents et les jeunes dans un sérieux risque de contracter ces maladies. Le problème est exacerbé par le manque d'enseignants qualifiés suite au génocide de 1994. Au moyen de nos programmes de sport et de jeux, en particulier nos modules "Live Safe" et "Play Safe", nous encourageons la conscientisation du problème entourant les maladies comme le Sida et les MTS de sorte que les habitudes changent. Right To Play collabore également avec l'UNICEF pour un projet visant à améliorer la qualité de l'éducation dans 50 écoles et dans d'autres localisations via la formation d'enseignants, l'amélioration des infrastructures et d'autres initiatives."

Comme Brender l'explique, il existe des raisons pour lesquelles les athlètes ambassadeurs de Right To Play visitent des pays dans lesquels l'organisation essaie de faire la différence: "L'objectif de ces voyages vise à fournir l'opportunité à nos athlètes ambassadeurs de réaliser l'impact de notre travail, et leur permettre de mettre un peu de joie dans la vie de ces enfants en interagissant avec eux. De cette manière, ces athlètes sont bien mieux préparés et conscientisés de la situation pour promouvoir plus efficacement l'organisme Right to Play Canada, ainsi que de se prononcer sur le potentiel humanitaire du sport. Les sourires sur le visage des enfants veulent tout dire quant au potentiel de ce que nous pouvons accomplir."

Même si Dankers est impliqué seulement depuis un an maintenant, il a d'abord entendu parler de Right to Play bien avant: "Je suis allé à une conférence de Johann Olav Koss sur les olympiques lorsque j'avais 13 ou 14 ans. J'ai donc entendu parler de son programme à cette date, mais je ne savais pas en quoi l'organisation consistait. Plus tard, cette même journée, il a donné un discours sur l'esprit d'équipe, lequel était également incroyable. De toute manière, c'est simplement la période à laquelle j'ai eu connaissance de ce que faisait Koss. Je trouvais cela génial, mais je ne croyais jamais avoir la chance un jour d'en faire partie. Plusieurs années plus tard, je patinais toujours, et il a démarré son organisation Right to Play. J'ai donc saisi la chance que je croyais avant ne jamais pouvoir avoir."

Lorsque l’on questionne Dankers à propos de sa première expérience de voyage avec Right to Play, il dit que ça l'a grandement impressionné. Bien que les athlètes n'aient été au Rwanda que seulement 4 ou 5 jours, ils ont été en mesure de faire et de voir beaucoup de choses. Ils ont visité une école différente chaque jour, quatre au total. « À la première école, nous avons vu pour la première fois l’organisme Right to Play en action. J’étais particulièrement stupéfait de l’importance accordée à l’intégration. Tout le monde participait. Je crois que cela est une chose très importante. Même dans les écoles de chez nous en Amérique du Nord, des enfants plus timides ou différents sont laissés de côté par leurs camarades. Mais dans un pays comme le Rwanda, avec l’histoire qui y est rattachée, je trouve cela particulièrement intéressant. À la fin de la récréation, les enfants nous ont fait un spectacle de danse. Les gens au Rwanda semblent aimer la danse ; partout où nous avons été, les enfants nous ont présenté un spectacle de danse. Les enfants sont très talentueux à la danse.”

Le jour suivant, les athlètes sont allés voir le mémorial du Génocide et ont visité un orphelinat, dirigé par Charles Nkazamyampi, un athlète olympique du Burundi, appelé la fondation des sports et de la culture pour la paix. "Encore une fois, ils ont exécuté un spectacle de danse spécialement pour nous. L’orphelinat est opéré par des gens formés par le programme de jeux Right To Play : le jeu pour enfant de balle rouge ou RBCP (Red Ball Child Play). Chaque couleur différente représente un aspect différent de la santé : l’esprit, le corps, la paix et la collaboration, la santé et la spiritualité." Un exemple d’un tel jeu est une version du jeux britannique ‘’Bulldog ‘’. Un enfant se tient debout dans le milieu et est identifié VIH / SIDA. Le reste des enfants sont divisés en trois groupes : abstinence, condoms et fidélité ; ils se tiennent tous d’un extrémité du terrain. Lorsque l’enfant du milieu appelle un groupe, ce groupe essais donc de traverser le terrain sans être attrapé par l’enfant du milieu (infecté par VIH). "Suite à cela, l’enseignant ou l’entraîneur parle du jeu avec les enfants. Par exemple, un enfant pourrait dire : « C’était dur de traverser le terrain lorsqu’il y avait beaucoup de gens infectés. » De cette manière, la personne menant la discussion est en mesure de faire le parallèle avec la vie et les problèmes affectant les enfants dans leur vie de tous les jours."

Lors du troisième jour, les athlètes se sont rendus à Butare et ont visité le musée national du Rwanda. « Nous avons appris beaucoup sur ce pays et son histoire. Ensuite, nous avons visité une école entretenue par le CPAJ. Cette école est également un orphelinat pour les enfants de la rue. Encore une fois, nous avons joué à des jeux (RBCP) ainsi qu’un peu de soccer. Les enseignants de ces écoles sont des gens extraordinaires, et plein d’énergie. Souvent, ils utilisent la danse et les applaudissement dans les échauffements afin d’exciter les jeunes à jouer aux jeux. C’était amusant de faire partie de cela. »

Le quatrième jour a été une journée de jeux à l’école SOS school boarding house. À cette école, les enfants orphelins sont organisé en « famille », un groupe de dix, avec une mère et une tante pour chaque famille. Les mères et les tantes veillent sur leur famille jusqu’au mariage des enfants. « C’était très intéressant de voir les différentes organisation, leurs approches distinctes, les différentes écoles et les enfants dans ces écoles. »

Lors du dernier jour, les athlètes ont visité les collines vertes de l’académie avant de retourner à l’avion pour le retour. Cette académie est une école privée pour les enfants de la classe supérieure : « L’école a été fondée par un couple canadien, et ils ont voulu créer cette école d’une très haute qualité au Rwanda. Les enfants de cette école font partie du programme du Baccalauréat international, lequel fourni un diplôme hautement respecté partout dans le monde. Encore une fois, cela était intéressant de réaliser les différences dans cette école par rapport aux autres. »

Parce que son frère avait fait un voyage au Rwanda l’année précédente et avait partagé ses photos et histoires avec lui, Dankers savait plus ou moins à quoi s’attendre du voyage. Cependant, tout n'a pas été ce à quoi il s'attendait. "Un des aspects différents de ce à quoi je m’attendais a été de constater à quel point l’organisme Right to Play joue un rôle crucial dans le développement et l’éducation des enfants. Je crois que les gens apprennent plus lorsqu’ils ont du plaisir, ce que le programme RBCP fait. Ces enfants affrontent tellement de défis dans leurs vies que nous ne pouvons pas même imaginer le fait de vivre dans la rue, d'être orphelin, la prostitution juvénile, vivre avec les conséquences du génocide de 1994, la pauvreté, les maladies (VIH, SIDA), etc. Je pense qu'offrir à ces enfants des outils nécessaires pour gérer leur situation, émotionnellement, physiquement et spirituellement, et de les soutenir dans leur éducation est une cause très noble et très importante. Je ne m’attendais pas non plus à voir autant de danses et à danser moi-même autant!"

Le voyage de Groves et Dankers n’est pas passé inaperçu. « Avec leur performance aux olympiques à Turin, Kristina Groves et Arne Dankers ont prouvé être parmi les meilleurs patineurs au monde », a dit Johann Olav Koss, précisent-directeur général de l’organisme Right to Play. « En voyageant au Rwanda pour voir nos programmes, ils ont également démontré leur dévouement et passion pour l’organisme et les enfants que nous aidons. Je sais que Kristina et Arne continueront d’être des modèles internationaux inspirants pour les enfants canadiens en partageant leur expérience de ce voyage, et le fait d’être de si bons ambassadeurs pour le pouvoir du sport à améliorer la vie des jeunes. »

Dankers garde en souvenir un voyage qui l’aura marqué profondément. "Ce fut une très bonne expérience pour l’ouverture d’esprit, et j’ai appris beaucoup sur le monde et la vie en y allant." En plus de cela, il fut en mesure de réaliser de quelle manière une organisation comme Right To Play peut faire une véritable différence dans la vie des enfants dans des pays comme le Rwanda : "Je ne pense pas avoir fait une grosse différence personnellement, hormis peut-être en faisant rire les enfants par mes talents de danseur, mais je suis convaincu que Right to Play fait une énorme différence dans la qualité de vie de ces enfants et dans leur habileté à gérer leur environnement."

Les personnes ou compagnies intéressées à faire un don pour le “Défi Rwanda” peuvent le faire en ligne via une page spéciale “Right to Play Rwanda Challenge” de levée de fonds à www.righttoplay.com/rwandachallenge. La campagne se conclura à la fin juillet.